Le sionisme est un mouvement politique et idéologique né à la fin du XIXe siècle, visant à établir un foyer national pour le peuple juif. Le terme provient de « Sion », une colline de Jérusalem symbolisant la Terre d’Israël dans la tradition biblique. Fondé officiellement en 1897 par Theodor Herzl, un journaliste juif autrichien, le sionisme émerge en réponse à l’antisémitisme croissant en Europe et à la quête d’une identité nationale juive après des siècles de diaspora. Le sionisme moderne s’inspire à la fois de motivations religieuses (le retour à la Terre promise) et politiques (la nécessité d’un État pour protéger les Juifs des persécutions). Herzl, dans son ouvrage « L’État des Juifs » (1896), propose la création d’un État juif comme solution à la « question juive ».
La Déclaration Balfour (2 novembre 1917)
C’est une lettre du ministre britannique des Affaires étrangères, Arthur Balfour, adressée à Lord Rothschild, un dirigeant de la communauté juive britannique. Elle exprime le soutien du gouvernement britannique à « l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif », tout en précisant que « rien ne sera fait qui puisse porter atteinte aux droits civils et religieux des communautés non juives existantes ». Cette déclaration, motivée par des intérêts stratégiques (soutien juif pendant la Première Guerre mondiale) et idéologiques (sympathie pour le sionisme), marque un tournant dans la légitimation internationale du projet sioniste.
Après la guerre, les puissances alliées (Royaume-Uni, France, Italie, Japon) se réunissent à San Remo (avril 1920) pour redessiner le Moyen-Orient. Le Traité de San Remo intègre la Déclaration Balfour dans le droit international en confiant à la Grande-Bretagne un mandat sur la Palestine (officiellement validé par la SDN en 1922). Ce mandat inclut la responsabilité de « placer le pays dans des conditions politiques, administratives et économiques permettant l’établissement du foyer national juif », tout en garantissant les droits des autres communautés.

Ce plan propose la première solution à deux États pour le devenir de la Palestine mandataire. À l’ouest du Jourdain, le futur état juif, avec une immigration croissante, l’Aliyah ; à l’est, la Transjordanie (future Jordanie) devient un État arabe sous protectorat britannique.
Il est intéressant de noter que la Transjordanie (Jordanie actuelle) représentait environ 77 % du territoire initial du mandat britannique sur la Palestine (soit 90 000 km² sur un total de 118 000 km²). Ainsi, dès 1922, la Jordanie (Transjordanie) était près de 3,5 fois plus grande que le territoire attribué à l’État juif en 1947, et bien plus vaste que l’actuel Israël (22 000 km²) qui correspondait à la Palestine à l’ouest du Jourdain, et que certains voudraient voir partagée de nouveau entre Israël et les territoires soi-disant occupé.
La création de l’état d’Israël.
Le mouvement sionisme aboutit en 1948 à la création de l’État d’Israël et à celui de la Jordanie, comme le prévoyait la Société Des Nation, puis l’ONU qui à sa création avait garanti que tous les traités de la précédente serait honoré.
Après des décennies de pogroms, les juifs ont enfin retrouvé une nation, un état à même de les protéger, sur une partie de leur terre ancestrale. Cette réalisation est perçue comme une victoire pour les Juifs, mais elle engendre aussi des conflits durables avec les nouveaux voisins arabes, qui voient dans le sionisme une cause de dépossession.
Pourtant, les juifs se contentent du quart du territoire de la Palestine que l’on leur propose. Ils n’en demandent pas plus, ils veulent la paix. Si on regarde sur une carte du moyen orient ce que représente Israël au milieu des nations arabes, on peut se poser la question de qui met en danger l’autre ?
Démographiquement, Israël (environ 10 millions d’habitants) représente moins de 2% de la population totale de ce bloc régional.

En termes de superficie, le contraste est encore plus marqué que pour la population. Israël est un territoire minuscule comparé aux géants géographiques qui l’entourent.
Pour avoir une idée de ce que cela représente, la superficie d’Israël est d’environ 22 000 km², soit à peu près la taille de la Picardie ! En face, un monde arabo-musulman dépassant les 15 millions de km2.
Mais cela reste visiblement trop pour les nations qui l’entourent et qui depuis 1948 n’ont qu’un objectif : La disparition de ce qu’ils considèrent comme une puissance occupante ou une entité coloniale.
Une guerre, deux guerres, trois guerres,
et des propositions de paix …
Entre 1947 et 2020, Israël a accepté au moins 7 à 8 grandes initiatives internationales ou bilatérales visant à établir la paix et un partage territorial.
Si chacun de ces épisodes fait l’objet de débats historiques intenses sur les conditions et les intentions réelles des deux camps, il faut cependant noter que la partie arabe a rejeté les plans systématiquement. Dès 1947avec le rejet du plan de partage de l’ONU par les leaders arabes qui demandaient un seul État arabe sur toute la Palestine.
En 1967, ce sera les “Trois Non” de Khartoum suite à la guerre des Six Jours qu’ils avaient initié, la Ligue Arabe proclame : “Non à la paix, non à la reconnaissance, non à la négociation.
En 2000 au sommet de Camp David II, Yasser Arafat refuse la proposition d’Ehud Barak (jugée insuffisante sur le plan territorial et sur la question des réfugiés puis 2020 ce sera le rejet catégorique du plan Trump jugé trop favorable à Israël par l’Autorité Palestinienne.
Le problème des réfugiés.
Le statut de réfugié palestinien se transmet de génération en génération, contrairement aux autres réfugiés dans le monde, en raison du mandat spécifique de l’UNRWA. Créée en 1949, cette agence de l’ONU a été conçue pour maintenir le statut de réfugié même pour les descendants. Ainsi, même les Palestiniens nés hors de Palestine et n’y ayant jamais vécu sont considérés comme réfugiés, ce qui maximise le nombre de personnes concernées afin de renforcer la pression diplomatique sur Israël.
Les pays arabes ont délibérément refusé d’accorder la nationalité aux réfugiés palestiniens. Cette politique, décidée par la Ligue arabe dès 1959, vise à éviter leur assimilation et à préserver leur « identité palestinienne » qui n’a jamais vraiment existé comme telle, ainsi que leur « droit au retour » dans une Palestine vidée de ces juifs. Au Liban, en Syrie et en Égypte, les Palestiniens restent souvent apatrides, privés de droits civiques et économiques, et cantonnés dans des camps. Cette approche a été motivée par la crainte que l’intégration des Palestiniens ne les fasse renoncer à leur droit au retour, affaiblissant ainsi la revendication territoriale sur Israël.
En résumé, la transmission héréditaire du statut de réfugié et le refus de naturalisation sont des choix politiques visant à perpétuer la question palestinienne comme un problème non résolu. Les réfugiés sont donc les victimes non pas d’Israël mais de cette politique dogmatique des pays arabes qui les ont « accueillis » ! Cette situation est avant tout le résultat de choix politiques délibérés des pays arabes et de la Ligue arabe, qui crée des générations entières d’apatrides, non par la faute d’Israël, mais en raison de cette stratégie qui instrumentalise leur sort au nom d’une cause politique non résolue. En 2025, l’UNRWA enregistrait environ 5,9 millions de réfugiés.
En fait, On estime qu’entre 1948 et 1950, le nombre de réfugiés palestiniens se situait entre 700 000 et 750 000 personnes. Ce chiffre correspond à la période de la première guerre israélo-arabe, que les Palestiniens appellent la Nakba, la “Catastrophe”.

Les estimations ont varié selon les sources au moment des faits. L’ONU (via le rapport de l’UNRWA en 1950) : Estimait le nombre de réfugiés à environ 711 000. Les pays arabes parlent de 900 000 … Ces réfugiés se sont dispersés dans les zones périphériques des combats comme la Judée Samarie, occupé puis annexée par la Jordanie sous le nom de CI-Jordanie. Environ 280 000 personnes. Jordanie (Transjordanie à l’époque) : Environ 70 000 personnes. La Bande de Gaza sous administration égyptienne : Environ 190 000 personnes.
Liban : Environ 100 000 personnes et enfin la Syrie : Environ 75 000 personnes.
Parallèlement, après la création de l’État d’Israël en 1948, on estime qu’environ 850 000 à 900 000 Juifs ont dû quitter, ont été expulsés ou ont fui les pays arabes et musulmans du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Ces derniers n’ont plus été considéré comme des réfugiés dès leur arrivée en Israël.
Alors une question me vient à l’esprit. Comment un pays de 22 000 Km2 a su intégrer un peu moins d’un million de réfugiés en un an alors que le Liban, la Jordanie, la Syrie, l’Égypte en sont toujours incapable après trois quarts de siècle ?
Parlons maintenant des territoires « occupés » …
Le premier partage de la Palestine mandataire date comme nous l’avons vu de 1922, lorsque les Britanniques ont séparé la Transjordanie (à l’est du Jourdain) du reste de la Palestine sous mandat. La Transjordanie est devenue un émirat arabe en 1921, puis un royaume indépendant en 1946 la Jordanie actuelle. Ce partage de 1922 était donc la première division territoriale entre un futur État juif à l’ouest et un État arabe la Transjordanie, à l’est.
Ce découpage de 1922 a donc créé une frontière entre la Transjordanie, le futur royaume de Jordanie, à l’est du Jourdain, réservée aux Arabes et la Palestine à l’ouest du Jourdain, où le mandat britannique devait faciliter l’immigration juive et la création d’un foyer national juif.
Le traité de San Remo a posé le cadre juridique (le mandat britannique et le foyer national juif), C’est un point fondamental et hélas souvent méconnu du débat juridique. Il n’est pas seulement une déclaration d’intention il a une valeur juridique internationale contraignante qui sert de fondement au droit international moderne dans la région. Mais le partage territorial concret est intervenu en 1922, lorsque les Britanniques ont exclu la Transjordanie du territoire destiné au foyer national juif. Ce partage a réduit de 77 % la surface initialement prévue pour le projet sioniste, en réservant la Transjordanie aux Arabes.

Cependant, en 1947, l’ONU a proposé un nouveau plan de partage pour la Palestine à l’ouest du Jourdain, prévoyant la création de deux États (un juif et un arabe) et un statut international pour Jérusalem. Ce plan, bien qu’accepté par Israël, a été rejeté par les pays arabes et n’a jamais été mis en œuvre, la guerre de 1948-1949 redessinant les frontières de facto.
Alors non, je ne suis pas juif et oui, JE SUIS SIONISTE !
Voilà qui est dit !
Le sionisme, c’est d’abord l’affirmation vitale d’un peuple qui refuse de disparaître. Né à la fin du XIXe siècle face à l’antisémitisme européen et aux pogroms, il incarne le droit des Juifs à une patrie où ils puissent vivre libres, en sécurité, sans craindre l’extermination. Ce n’est pas une idéologie de conquête, mais un cri de survie : après deux mille ans d’exil, de persécutions et de génocides, les Juifs ont enfin un État, Israël, où ils peuvent se défendre et exister comme nation. Avec ses 22 000 km², une parcelle minuscule du Proche-Orient , ce pays n’a jamais menacé l’équilibre régional ou la paix en générale. Pourtant, il est diabolisé, transformé en bouc émissaire universel, comme si sa simple existence était une insulte.
Je ne suis pas juif, mais je suis sioniste, parce que personne ne peut nier ce droit élémentaire à la vie.
Israël n’est pas parfait : sa politique, ses gouvernements, ses excès me dérangent souvent. Sa « terre sainte » n’est pas toujours sainte, et ses contradictions sont réelles. Pourtant, malgré ses défauts, Israël reste la seule démocratie fonctionnelle du Moyen-Orient, où les Arabes israéliens ont plus de droits que les Juifs ou les chrétiens dans n’importe quel pays arabe.
Ce paradoxe en dit long : Israël est jugé au microscope, tandis que ses ennemis échappent à toute critique.
Le sionisme, c’est aussi le refus de l’hypocrisie. Ceux qui hurlent contre Israël ferment les yeux sur les dictatures, les massacres et l’antisémitisme endémique du monde arabe. Israël n’est pas le problème du Moyen-Orient, mais le prétexte commode de tous ceux qui cherchent une cause pour déverser leur haine. Défendre Israël, ce n’est pas approuver aveuglément ses actes, mais refuser qu’on lui nie le droit d’exister. Et ça, c’est une question de justice, pas de religion.
Mikaël Réale.