Il y a quelques années, un jeune homme qui m’est très proche à subi un divorce, qu’il ne voulait pas, mais auquel son attitude avait grandement participé. Quelque temps après, je partageais avec un pasteur de ma connaissance cette situation. Sa réponse fut cinglante : « Il doit reconquérir son épouse, ou rester seul et continuer à servir Dieu fidèlement. S’il se remarie, il commettra à son tour un adultère ».
Je croyais que de telle déclaration étaient d’un temps révolu, mais il y a peu, j’ai entendu de nouveau les mêmes choses, dans la bouche de plusieurs. J’ai vu tellement de gens souffrir, seuls, abandonnés, obligés de choisir entre servir leur Dieu dans la solitude ou se remarier et être exclu du service quand ce n’était pas de l’église.
Alors, dites-moi, est-ce que la rupture d’un mariage serait un tel péché qu’il ne puisse pas être effacé par la grâce de Dieu ?
Une question lourde de sens et de souffrance
La question sur le remariage après un divorce subi touche à l’une des épreuves les plus douloureuses qu’un croyant puisse traverser. Elle soulève des tensions entre l’idéal divin du mariage et la réalité brisée de nos vies marquées par le péché, la souffrance et parfois l’injustice. La Bible, loin d’être silencieuse sur ce sujet, nous parle avec une voix à la fois ferme et tendre, rappelant que Dieu déteste le divorce, mais qu’Il n’abandonne jamais ceux qui en sont victimes.
Le mariage, tel que Dieu l’a conçu, est une alliance sacrée, un reflet de Son amour fidèle pour Son peuple. Genèse 2:24 nous rappelle que l’homme et la femme deviennent « une seule chair », et Jésus réaffirme cette vérité en Matthieu 19:6 : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas. » Pourtant, dans un monde marqué par la chute, cette alliance est parfois brisée, non par choix, mais par la trahison, l’abandon ou la violence. Alors, que faire lorsque l’idéal se heurte à la réalité ? Comment concilier la sainteté de Dieu avec Sa compassion pour ceux qui souffrent ?
Le mariage : un idéal divin confronté à la fragilité humaine

Le mariage est bien plus qu’un contrat social ou une union légale : c’est une alliance spirituelle, un engagement devant Dieu et devant les hommes. Éphésiens 5 : 22-33 le décrit comme une image de l’amour du Christ pour Son Église, un amour sacrificiel, patient et protecteur. Mais cette beauté est souvent obscurcie par nos faiblesses, nos égoïsmes et nos péchés. La Bible ne nie pas cette réalité. Elle reconnaît que les cœurs humains sont capables de trahison, de dureté et d’infidélité.
Pourtant, Dieu ne nous laisse pas sans espoir. Même dans nos échecs, Il offre une voie de rédemption. Le mariage reste un idéal à poursuivre, mais la Bible admet aussi que certaines ruptures sont inévitables, non parce que Dieu les désire, mais parce qu’Il connaît la dureté de nos cœurs. Dans ces moments, Sa grâce devient notre refuge, et Sa Parole, notre guide.
Le divorce dans la Bible : entre permission et tragédie
La question du divorce est abordée dans plusieurs passages bibliques, et leur lecture attentive révèle une tension entre la sévérité de la loi et la miséricorde de Dieu. Dans l’Ancien Testament, Deutéronome 24 : 1-4 permet le divorce en cas d’« indécence », un terme dont le sens exact est débattu, mais qui suggère une rupture grave de l’alliance. Plus tard, le prophète Esdras, confronté à des mariages mixtes qui menacent l’identité spirituelle d’Israël, ordonne même le divorce comme mesure de protection (Esdras 9-10). Ces textes montrent que, dans certains contextes, le divorce n’est pas seulement toléré, mais nécessaire pour préserver la fidélité à Dieu.

Jésus, dans le Nouveau Testament, durcit apparemment le ton en déclarant que « quiconque répudie sa femme, sauf pour cause d’infidélité, et en épouse une autre, commet un adultère » (Matthieu 19:9).
Pourtant, Ses paroles ne sont pas une condamnation sans appel. Elles rappellent l’idéal divin tout en reconnaissant que l’infidélité — qu’elle soit physique ou spirituelle — brise l’alliance matrimoniale. Paul, de son côté, aborde la question de l’abandon par un conjoint non-croyant (ou rétrograde) dans sa première épître aux Corinthiens (7:15) et admet que, dans ce cas, « le frère ou la sœur n’est pas lié ». Autrement dit, si l’un des conjoints choisit de quitter l’alliance, l’autre n’est pas tenu de rester prisonnier d’une relation unilatéralement brisée.
Ces textes ne font pas du divorce une option banale, mais ils reconnaissent qu’il peut parfois être un mal nécessaire, une protection pour l’innocent. La tragédie du divorce ne réside pas seulement dans la rupture elle-même, mais dans ce qui l’a causée : le péché, l’égoïsme, ou l’endurcissement du cœur. Pourtant, même dans ces circonstances, Dieu ne nous abandonne pas. Sa grâce est assez large pour couvrir nos échecs et assez forte pour nous relever.
Le remariage : une question de grâce et de restauration
La question du remariage est peut-être la plus délicate de toutes. La tradition évangélique, s’appuyant sur des passages comme Matthieu 5:32, a souvent enseigné que le remariage après un divorce équivaut à l’adultère. Mais cette lecture doit être nuancée à la lumière de l’ensemble des Écritures et, surtout, de la compassion de Dieu.
Si un conjoint a choisi de rompre l’alliance matrimoniale malgré les efforts pour la préserver, de l’autre, ce dernier ne peut être tenu responsable de cette rupture. La grâce de Dieu n’exclut pas donc pas la possibilité de reconstruire sa vie.
Le remariage, dans un tel contexte, peut être envisagé non comme une transgression, mais comme une étape de restauration. Bien sûr, cette décision ne doit pas être prise à la légère. Elle doit être le fruit d’une recherche sincère de la volonté de Dieu, d’un examen de cœur et d’un accompagnement spirituel.
La Bible montre que Dieu permet le remariage dans certains cas. Ces exceptions ne sont pas des failles dans la loi divine, mais des manifestations de Sa miséricorde. Elles rappellent que Dieu ne nous condamne pas pour ce que nous avons subi, mais qu’Il nous offre une voie vers la guérison et la reconstruction.
Et quand nous avons « manquez la cible », la définition même du péché, et que nous sommes repentant d’avoir détruit notre mariage si tel est le cas, alors Il est plein de miséricorde pour nous permettre de faire mieux, une prochaine fois, après avoir compris, changé et si possible réparer nos erreurs.
La compassion de Dieu : le fondement de toute réponse

Au cœur de cette réflexion se trouve une vérité essentielle : Dieu est un Dieu de compassion. Le Psaume 34:18 nous assure qu’« Il est proche de ceux qui ont le cœur brisé », et Matthieu 11:28 nous invite à venir à Lui, « vous tous qui êtes fatigués et chargés ». La grâce de Dieu n’est pas une licence pour ignorer Ses commandements, mais elle est une invitation à vivre dans la liberté et la paix qu’Il offre, même après l’échec.
Si vous envisagez de vous remarier, faites-le dans la prière, en cherchant d’abord le Royaume de Dieu et Sa justice. Entourez-vous de conseillers spirituels sages, qui pourront vous aider à discerner si cette étape est conforme à la volonté de Dieu pour votre vie. Et surtout, rappellez-vous que Dieu ne vous juge pas sur la base de ce que vous avez subi ou fais, mais sur la manière dont vous Lui faites confiance pour vous restaurer.
Conclusion : Une réponse ancrée dans l’amour de Dieu
Mes amis, la Bible ne nous donne pas de recettes toutes faites pour les situations complexes comme l’explosion de la cellule familiale. Elle nous révèle un Dieu qui compatit à nos souffrances, qui déteste le divorce mais qui aime les divorcés, qui haït l’infidélité mais qui pardonne aux infidèles. Si vous avez été la victime d’un divorce que vous ne vouliez pas, sachez que Dieu ne vous punit pas et qu’Il vous tend la main pour vous relever et vous restaurer. Si vous avez été un mauvais conjoint et que vous avez mené votre couple au divorce, il veut vous convaincre de péché, vous transformer en une nouvelle création et vous offrir une nouvelle chance de vivre cette merveilleuse alliance qu’est le mariage.
Que votre décision soit guidée par Sa Parole, Son Esprit et la sagesse de ceux qui vous entourent. Et surtout, rappelez-vous que Sa grâce est toute suffisante pour vous. Comme le dit l’apôtre Paul en 2 Corinthiens 12:9 : « Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. » Votre histoire n’est pas terminée. Dieu écrit un nouveau chapitre, et Il vous invite à Lui faire confiance, pas à pas.
Mikaël REALE